- des ressources calédoniennes pour enseigner -
Ministère de la jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche Le Centre de National de Documentation Pédagogique et son réseau
Le Centre de Documentation Pédagogique de Nouvelle-Calédonie vous souhaite la bienvenue sur son site
bandeaudoreG
MENU

Enseigner à des sourds

 

Voici quelques extraits de sites Internet pour vous permettre d'appréhender un peu le monde trop inconnu des sourds et malentendants.


 

http://daniel.calin.free.fr/textoff/professorat_jeunes_sourds_1986.html
 

 

Décret instituant un diplôme d'État intitulé
Certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement des jeunes sourds

 

Décret n° 86-1151 du 27 octobre 1986

 

Le Premier ministre,

Sur le rapport du ministre des affaires sociales et de l'emploi,

Vu la loi n° 47-1465 du 8 août 1947 relative à certaines dispositions d'ordre financier, et notamment son article 102 ;

Vu le décret du 18 décembre 1923 modifié désignant les établissements nationaux d'assistance et de bienfaisance administrés par les directeurs assistés de commissions consultatives ;

Vu le décret n° 56-284 du 9 mars 1956 complétant le décret n° 46-1834 du 20 août 1946 modifié fixant les conditions d'autorisation des établissements privés de cure et de prévention, complété notamment par le décret n° 70-1332 du 16 décembre 1970, annexe XXIV quater, fixant les conditions techniques d'agrément des établissements recevant des enfants ou adolescents atteints de déficiences sensorielles et par le décret n° 74-465 du 15 mai 1974 modifiant l'annexe XXIV quater du décret du 9 mars 1956 modifié ;

Vu le décret n° 69-625 du 14 juin 1969 relatif au statut particulier du personnel enseignant des instituts nationaux de jeunes sourds ;

Vu le décret n° 74-355 du 26 avril 1974 relatif à l'organisation et au régime administratif et financier des instituts nationaux de jeunes sourds et de jeunes aveugles, et notamment son article 23,

 

Article 1

Il est institué un diplôme d'État intitulé Certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement des jeunes sourds (C.A.P.E.J.S.) destiné aux professeurs chargés de l'éducation précoce, de la rééducation et de l'enseignement des sourds qui ne peuvent acquérir le langage sans la mise en œuvre de techniques spécialisées.

Article 2

Nul ne pourra exercer l'enseignement des enfants sourds dans les instituts nationaux de jeunes sourds, dans les établissements publics de sourds ainsi que dans les établissements privés de sourds visés par l'annexe XXIV quater du décret du 9 mars 1956 modifié, s'il n'est titulaire soit du diplôme d'État institué à l'article 1er du présent décret, soit du certificat d'aptitude à l'enseignement des sourds-muets d'Asnières prévu par l'arrêté du 3 mars 1948, soit de l'un des trois diplômes attestant une qualification d'enseignant des sourds prévus à l'article 1er du décret n° 74-465 du 15 mai 1974.

Article 3

Par dérogation aux dispositions de l'article 2 ci-dessus, les professeurs certifiés relevant du ministère de l'éducation nationale peuvent enseigner dans les classes appartenant au second cycle du second degré dans les établissements énumérés à l'article 2, sous réserve qu'ils remplissent les conditions de formation à la pédagogie de l'enseignement des sourds fixées par arrêté du ministre chargé des affaires sociales.

Article 4

Le diplôme d'État institué à l'article 1er du présent décret est délivré par le ministre chargé des affaires sociales aux candidats ayant subi, avec succès, les épreuves de l'examen prévu ci-après.

L'examen sanctionne une formation de deux années dispensée dans un centre de formation public ou privé agréé dans des conditions fixées par arrêté du ministre chargé des affaires sociales.

La formation dispensée comprend des enseignements théoriques et pratiques ainsi que des stages pédagogiques et cliniques.

Article 5

Peuvent s'inscrire au cycle de formation défini ci-dessus :

- les titulaires d'une licence d'enseignement ;
- les bénéficiaires de titres jugés équivalents, validés par décision du directeur de l'action sociale après avis du Comité consultatif national de l'enseignement des jeunes sourds.

Peuvent donner lieu à validation, dans les conditions fixées ci-dessus, les titres universitaires ou de formation professionnelle, l'expérience professionnelle et les acquis personnels dans le domaine de l'enseignement des sourds.

Article 6

L'examen mentionné à l'article 4 du présent décret comporte des épreuves relatives à des unités de valeur à caractère technique, dont un mémoire, ainsi que des épreuves de pédagogie pratique.

Les candidats qui n'ont pas réussi l'une des épreuves mentionnées à l'alinéa précédent pourront se présenter à nouveau deux fois. Cette possibilité leur sera accordée pour les deux sessions suivantes, sauf cas de force majeure.

Article 7

Les modalités d'inscription à la formation, l'organisation des examens, la composition des jurys et le programme des épreuves sont fixés par arrêté du ministre des affaires sociales et de l'emploi.

Article 8

La surdité dans la zone conversationnelle non améliorable par un traitement ou un appareillage adapté et toute affection évolutive susceptible d'entraîner à échéance prévisible une telle surdité, ainsi que les troubles de la phonation et de l'élocution consécutifs à cette surdité, ne constituent pas une inaptitude physique pour l'admission à la préparation et à la passation des épreuves du certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement des jeunes sourds, ni pour l'accès à l'emploi de professeur de l'enseignement des jeunes sourds.

Article 9

Un arrêté du ministre des affaires sociales et de l'emploi fixera les conditions d'équivalence totale ou partielle au certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement des jeunes sourds.

Article 10

Il est institué auprès du ministre chargé des affaires sociales un comité consultatif national de l'enseignement des jeunes sourds.

Les missions et la composition du comité sont fixées par arrêté du ministre chargé des affaires sociales.

Article 11

Les élèves en formation peuvent bénéficier d'une rémunération ou d'une aide financière, dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé des affaires sociales en ce qui concerne les élèves accueillis dans des établissements privés.

En ce qui concerne les élèves accueillis dans les établissements publics, ces conditions seront fixées dans le cadre des dispositions statutaires applicables aux professeurs des instituts nationaux de jeunes sourds.

Article 12

Un arrêté du ministre chargé des affaires sociales et de l'emploi précisera les modalités de formation continue des enseignants de jeunes sourds.

Article 13

À titre transitoire, les personnes engagées à la date de publication du présent décret dans un des cycles de formation conduisant à l'un des diplômes énumérés à l'article 1er du décret n° 74-465 du 15 mai 1974 peuvent enseigner dans les établissements d'enseignement pour jeunes sourds.

Article 14

Sont abrogées les dispositions de l'article 1er du décret n° 74-465 du 15 mai 1974 modifiant l'annexe XXIV quater du décret du 9 mars 1956 modifié fixant les conditions techniques d'agrément des établissements privés de cure et de prévention pour les soins aux assurés sociaux, en tant qu'elles s'appliquent aux établissements recevant des jeunes sourds.

Article 15

Le ministre des affaires sociales et de l'emploi et le secrétaire d'État auprès du ministre des affaires sociales et de l'emploi, chargé de la sécurité sociale, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

 

Par le Premier ministre,
JACQUES CHIRAC
Le ministre des affaires sociales et de l'emploi,
PHILIPPE SÉGUIN
Le secrétaire d'État auprès du ministre des affaires sociales et de l'emploi, chargé de la sécurité sociale,
ADRIEN ZELLER

 

Autres textes officiels Retour à la page d'accueil
Daniel CALIN © Tous droits réservés Dernière révision :
dimanche 07 avril 2002 - 22:10:00


 

http://www.fondationvocation.be/laureats/01desclee.html
 

Vocation


Je suis sourde profonde de naissance. Faute d’un enseignement véritablement adapté aux sourds, mon parcours scolaire en enseignement normal, fût particulièrement difficile. Je suis reconnaissante à mes parents de m’avoir soutenue tout au long de mes études, que j’ai finalement réussies, mais à quel prix ! J’ai été privée d’enfance et d’adolescence. Tout mon temps était consacré à du rattrapage scolaire. Je ne souhaite ce parcours à personne. Ceux qui aujourd’hui, continuent pour les sourds, à défendre (parfois en me citant comme exemple de réussite !), un enseignement tel que je l’ai connu, se trompent lourdement et ne se rendent pas compte des répercussions psychologiques et sociales qu’entraîne cette obstination à vouloir enseigner aux sourds de la même manière qu’on enseigne aux entendants. Qu’ils portent un appareil auditif ou qu’on leur ait greffé un implant cochléaire, les sourds ont besoin d’une pédagogie spécifique utilisant la Langue des Signes (LS).
 
Ma volonté était et reste d’enseigner aux enfants sourds. J’ai obtenu un diplôme de régente en sciences dans ce but. Je n’ai pas pu trouver de travail dans l’enseignement pour sourds et je travaille actuellement comme professeur de LS en Promotion Sociale. Ce réseau d’enseignement délivre un diplôme officiel, reconnu par la Communauté Française. J’ai pris goût à l’enseignement de la LS, mais je suis consciente que l’enseignement serait de meilleure qualité si nous avions une formation plus pointue en linguistique. La LS possède sa propre grammaire et ses propres règles syntaxiques. A ce jour, il manque malheureusement de lieux ressource où travailler ces notions.
 
Comment passer de la Langue des Signes au français, et inversement ? Pourquoi n’existe-t-il aucune réflexion pédagogique dans ce domaine en Belgique ? Mon souhait, grâce à cette bourse, est d’améliorer ma formation dans le domaine de la linguistique et de la pédagogie et de devenir partenaire d’une réflexion et d’une recherche dans les domaines de l’enseignement " de " et " en " Langue des Signes. Avec l’espoir de contribuer à faciliter le parcours des enfants sourds de demain.


 

http://www.visuf.org/lectDossEtreSourd.php
 

Mieux comprendre les sourds et comment communiquer avec un sourd?


Mieux comprendre les sourds

"Etre sourd" ne signifie pas" ne rien entendre"...

La surdité totale est très rare : des personnes sourdes ont généralement des restes auditifs plus ou moins importants, souvent localisés dans les fréquences graves.

Entendre ne signifie pas comprendre : des personnes sourdes peuvent réagir à la parole et ne pas comprendre le message. La surdité entraîne une altération quantitative mais aussi qualitative du son, d'où le problème de compréhension.

Un sourd portant des appareils auditifs n'entend pas comme un entendant !

Les prothèses auditives ne permettent pas une audition normale : elles amplifient autant les sons parasistes (bruits de la rue par exemple) que la voix de l'interlocuteur.

Une ambiance bruyante peut être difficile à supporter pour une personne appareillée.
Plus la surdité profonde, moins l'apport de la prothèse est efficace pour la compréhension de la parole.

En aucun cas, on ne peut comparer l'effet correcteur de lunettes avec l'effet amplificateur des prothèses auditifs.

La lecture labiale ne remplace pas l'audition

La lecture labiale ne restitue pas l'intégralité des messages : 30-35% maximum l 'information est captée.

Certains sons sont invisibles sur les lèvres (comme R) et d'autres sont identiques (comme B et P, V et F). Par exemple "deux mains" et "demain", "il mange des frites" et "il marche très vite" sont des sosies labiaux.

La lecture labiale est moins aisée quand l'interlocuteur est barbu, quand il présente une paralysie faciale ou qu'il a un accent prononcé.

Degré de surdité et difficulté de communication

Le degré de surdité (profond, sévère, moyenne, légère) ne permet pas de préjuger des difficultés de communication de la personne. Chacun a plus ou moins de dispositions naturelles pour apprendre à lire sur les lèvres, indépendamment du degré de surdité.

De même, les personnes sourdes n'ont pas (ou pas eu) les mêmes facilités à apprendre le langage parlé, et n'ont pas une élocution directement dépendante de leur degré de surdité.

Ne pas oublier que la surdité est un handicap invisible. Les entendants ont la tendance à l'oublier si la personne sourde parle bien. Le niveau de langage ne correspond pas toujours au degré de compréhension.

Comment communiquer avec un sourd?

Pour faciliter la communication

- Veiller à ce que les interlocuteurs de la personne sourde ne soient pas à contre -jour

- Se placer en face à face et autant que possible à la même hauteur que la personne sourde

- Penser à ne jamais parler d'une autre pièce, dans le dos de la personne sourde ou la tête tournée

- Réduire le bruit de fond ou penser à s'installer dans un endroit silencieux et attirer doucement l'attention de la personne sourde avant de lui parler.

- Avoir à l'esprit que la compréhension est difficile lorsque la personne est fatiguée, malade ou stressée.

- Articuler tout en parlant à une vitesse régulière sans hésiter sur les mots. Attention, articuler à outrance supprime les expressions du visage, dont la personne sourde a aussi besoin pour comprendre le message. Parler normalement sans crier: quand on crie, le visage a une expression agressive.

- En situation de communication de groupe, veiller à ce que chacun parle l'un après l'autre, et indiquer à la personne sourde les différentes prises de parole.

- Si la personne sourde a perdu le fil de la conversation, ne pas hésiter à lui restituer le propos et le contexte de la discussion.

- Veiller à adapter les phrases pour les rendre courtes

- Utiliser un vocabulaire adapté mais courant

- Si la personne sourde a des difficultés à comprendre un message:

* modifier la phrase, le vocabulaire, plutôt que de répéter sans cesse les mêmes termes,
* utiliser l'écrit, phrases courtes, schémas, dessins...
* utiliser l'alphabet dactylologique pour épeler un mot si la personne le connaît.

- Il est nécessaire de vérifier régulièrement la compréhension mutuelle des messages, afin d'éviter tout malentendu dû à une interprétation erronée:

* reformuler le message
* ne pas se limiter à demander Si le message a été compris, mais s'en assurer en posant des questions
* vérifier l'exécution de la consigne

- Ne jamais hésiter à prendre un papier et un crayon et à écrire si la communication verbale est difficile.


D'après la source "COSP".


 

http://www3.sympatico.ca/adsmq/assoc/objectifs.htm#Quelques%20conseils
 

Sommaire

  1. Accueil
  2. Nos buts
  3. Lecture labiale
  4. L'environnement
  5. L'interprète oral
  6. Apprendre la lecture labiale
  7. Cours de lecture labiale
  8. Qui est le devenu sourd ou le malentendant
  9. Ce que vit le devenu sourd ou le malentendant
  10. Comment aider le devenu sourd ou le malentendant
  11. Quelques conseils pour mieux communiquer
  12. La communication
  13. Les sentiments
  14. Le désir d'autonomie
  15. Comment aider
  16. Conseils pour mieux communiquer (personne avec problème d'audition)
  17. Conseils pour mieux communiquer (personne entendante)

 

 

Nos buts

 
Nous représentons les devenus sourds et les malentendants auprès des pouvoirs publics en se faisant le porte-parole de leurs revendications. (Accessibilité aux services d'adaptation et de réadaptation dans toutes les régions du Québec; universalité du programme des aides techniques; amélioration du sous-titrage, qualité et quantité des émissions télévisées, etc...).
 
Nous participons aux actions et activités en faveur des déficients auditifs. (Groupe d'études, réunions, congrès, manifestations, etc...).
 
Nous encourageons l'enseignement et l'apprentissage de la lecture labiale.
 
Nous publions un bulletin d'information périodique, le "Sourdine".
 
Nous assurons un service d'informations et de références sur tous les aspects de la déficience auditive. (Le service d'accueil répond au courrier et assure une permanence du mardi au vendredi).

 

Accueil

Portes Ouvertes

Vous êtes toujours les bienvenus au local de l'Association, soit pour faire plus ample connaissance, soit pour obtenir de la documentation ou de l'information et cela aux heures indiquées sur cette page. En dehors de ces heures, veuillez prendre rendez-vous, nous ferons tout notre possible pour vous accommoder.

Accueil : de 13h00 à 16h30

Lundi..............................Sur rendez-vous

Mardi.............................Solange Ouellette

Mercredi........................Yves Dion

Jeudi..............................Louise McGilvray

Vendredi........................Estelle Montambeault

Téléphones :

(514) 278-9633 Voix
(514) 278-9636 Ats
Télécopieur (514) 278-9075
Courriel :

 

Lecture Labiale

Vos yeux au secours de vos oreilles

Cette chronique s'adresse aux personnes malentendantes ou devenues sourdes et à celles qui les côtoient régulièrement ou à l'occasion.

Elle a pour but de donner de l'information et des conseils concernant la lecture labiale afin d'aider les personnes malentendantes ou devenues sourdes et leur entourage à mieux communiquer.

Qu'est-ce que la lecture labiale ?

C'est une façon de comprendre le message parlé en observant le mouvement des lèvres (Lecture Labiale) et l'expression faciale et corporelle de la personne qui parle. La lecture labiale est un moyen privilégié pour faciliter la communication avec l'entourage pour les personnes devenues sourdes, malentendantes ou celles qui ont des acouphènes (cillement, bourdonnement dans les oreilles).

Il existe 3 éléments jouant un rôle important dans une bonne lecture labiale : le lecteur labial, le locuteur et l'environnement.

 

Caractéristiques d'un bon lecteur labial:

Le lecteur labial est celui qui lit sur les lèvres. Il doit :

1) avoir une bonne vision pour voir clairement le visage du locuteur.

2) avoir une bonne attention et il peut se concentrer longtemps sur le visage du locuteur. Cette habileté vient avec la pratique régulière.

3) être capable de s'adapter à différents locuteurs. Certaines personnes sont plus faciles
«à lire» que d'autres à cause de leur expression faciale et de la forme de leurs lèvres.

4) être capable de lire de face et de profil.

 

Caractéristiques d'un bon locuteur :

Le locuteur est celui qui parle. Il doit :

1) Prononcer normalement : trop articuler déforme les mots ainsi que parler trop fort.

2) Éviter de parler trop vite ou trop lentement.

3) Se mettre face à la personne malentendant et s'assurer que son visage est toujours visible et bien éclairé.

4) Ne pas parler avec un objet dans la bouche (pipe, cigarette, cure-dent, etc.); il doit éviter la gomme et les bonbons.

5) S'il porte une barbe ou une moustache, s'assurer que ses lèvres sont entièrement visibles.

6) Avoir beaucoup d'expression faciale et des gestes appropriés. En effet, ces indices aident la personne malentendante ou devenue sourde à mieux comprendre le sens du message.

7) Ne pas s'acharner à répéter plusieurs fois la même phrase, il doit reformuler c'est-à-dire qu'il réorganise sa phrase en changeant certains mots pour d'autres signifiants la même chose. Ceci donne plus d'indices à la personne malentendante ou devenue sourde.

 

L'environnement

La personne malentendante ou devenue sourde et le locuteur sont attentifs à l'environnement dans lequel se déroule la conversation. Ils évitent de se retrouver dans des endroits bruyants et réduisent le bruit ambiant lorsque c'est possible (fermer la télévision, la radio, la fenêtre, etc.). Un arrière plan trop distrayant peut aussi nuire à la communication. Il s'agit alors de se placer autrement afin que la personne qui fait de la lecture labiale puisse se concentrer plus facilement.

Les situations de groupe sont difficiles pour la personne malentendante ou devenue sourde et cela même si elle fait de la lecture labiale. En effet, elle ne peut regarder qu'un interlocuteur à la fois et ainsi perd plusieurs indices qui pourraient l'aider à suivre la conversation. Dans certaines situations, les services d'un interprète oral peut s'avérer très utile.

 

Qu'est-ce qu'un interprète oral ?

Le travail d'un interprète oral consiste à répéter à la personne malentendante ou devenue sourde qui fait de la lecture labiale tout ce qui est dit, en prononçant les mots sans mettre la voix. Il utilise l'expression faciale et des mouvements corporels appropriés pour aider la compréhension du message. Il peut à l'occasion remplacer certains mots difficiles à lire sur les lèvres par d'autres plus visibles ayant le même sens.

Les services d'un interprète oral sont utiles lors de réunions, de conférence, des cours ou dans toutes autres situations difficiles pour le lecteur labial. Vous pouvez obtenir les services d'un interprète oral en communiquant avec le

SIVET
Service d'Interprétation Visuelle et Tactile
3700 rue Berri , bureau 239
Montréal, QC H2L 4G9
Téléphones:
(514) 285-2229 (ATS)  (514) 285-8877 (voix)

 

Apprendre la lecture labiale.

La lecture labiale est un atout très précieux pour la personne qui a une perte d'audition. En effet, la combinaison des 2 sens, vision et audition, facilite la compréhension de la parole.

Bien que certaines personnes développent naturellement la lecture labiale, d'autres ont besoin d'être aidées pour acquérir cette habileté. Dans la région de Montréal, certaines institutions dispensent des cours de lecture labiale donnés par des audiologistes ou des orthophonistes. De plus, il est possible de pratiquer la lecture labiale au sein de groupe d'entraide tel l'Association des Devenus Sourds et des Malentendants du Québec. Il existe également des livres sur le sujet. Pour plus d'informations, vous pouvez vous adresser aux organismes suivants:

 

Cours de lecture labiale

Institut Raymond-Dewar
3600 rue Berri
Montréal, QC
H2L 4G9
Tél.: (514) 284-2581:
Hôpital Notre-Dame
Centre de l'ouïe et de la parole
1560, rue Sherbrooke est
Montréal, QC
H2L 4M1
Tél.: (514) 876-6854

Conception:

Benoît Jutras, B.Sc. Audiologie
Geneviève Lemieux, B.Sc.Orthophonie
Supervision: Josette Le François, Ph.D
Université de Montréal
École d'orthophonie et audiologie

 

 

QUI EST LE DEVENU SOURD
OU LE MALENTENDANT?
 

 

La réponse à cette question peut vous sembler évidente. C'est quelqu'un qui a déjà entendu mais qui n'entend plus ou n'entend plus bien. Mais entre entendre et ne pas entendre, il y a des degrés. On parlera de surdité légère, moyenne, sévère et profonde, affectant une ou deux oreilles. Le DEVENU SOURD ou LE MALENTENDANT peut être porteur ou non d'une prothèse auditive.

Les conséquences d'une perte d'audition sont nombreuses et varieront suivant le type et l'intensité de l'atteinte.

Le DEVENU SOURD ou le MALENTENDANT peut présenter:

une acuité auditive affaiblie,

une distorsion auditive du message,

une hypersensibilité aux sons forts,

des cillements dans les oreilles, souvent accompagnés de vertiges et de nausées.

Les raisons pour lesquelles on acquiert une déficience auditive sont multiples (infection, hémorragie, traumatisme, maladie, hérédité,...). L'apparition de la surdité peut être subite ou progressive selon le cas.

Le DEVENU SOURD ou le MALENTENDANT ne peut plus entendre sa voix comme avant, il ne peut donc plus ajuster «le volume» de sa voix. Il parlera trop ou pas assez fort, parfois il aura une voix aiguë, embarrassée. Son articulation peut aussi être affectée.

 

 

CE QUE VIT LE DEVENU SOURD
OU LE MALENTENDANT

 

La communication :

La déficience auditive du DEVENU SOURD ou du MALENTENDANT l'oblige à des efforts supplémentaires pour saisir le message verbal. Ainsi, il a besoin du support visuel pour comprendre et lit souvent sur les lèvres.

Bien que la lecture labiale soit une aide précieuse, le DEVENU SOURD ou le MALENTENDANT ne saisit pas toujours tous les éléments de la conversation. En effet, certains mots se ressemblent beaucoup sur les lèvres et le DEVENU SOURD ou le MALENTENDANT doit deviner selon le contexte de quoi il s'agit. De plus, il est difficile pour lui de toujours se concentrer pour capter le message, ce qui occasionne une fatigue rapide.

Les Sentiments :

Il n'est pas facile de s'adapter à la condition de malentendant ou de devenu sourd. La personne qui la vit peut à certains moments, se montrer plutôt agressive et éprouver de la frustration face à ses difficultés. Elle craint souvent de ne pas bien comprendre et est très sensible aux réactions d'impatience des gens lorsqu'elle leur demande de répéter.

Pour ces raisons, il arrive qu'elle fasse semblant de comprendre plutôt que de faire répéter. Enfin, le DEVENU SOURD ou le MALENTENDANT peut ressentir une certaine gêne ou honte face à sa surdité et essayer de la cacher plutôt que d'avouer ses problèmes.

Le Désir d'Autonomie :

Une autre difficulté du malentendant ou du devenu sourd provient de l'attitude de l'entourage qui veut souvent tout faire à sa place. Pourtant, malgré les obstacles qu'il rencontre, c'est un individu autonome, qui peut conduire une voiture, faire du sport, bref réaliser une foule d'activités au même titre que l'entendant. Il peut et désire prendre lui-même ses propres décisions plutôt que de laisser les autres choisir pour lui.

 

COMMENT AIDER
LE DEVENU SOURD
OU LE MALENTENDANT?

Parlez-lui en lui faisant face, le visage éclairé (et non l'éclairage derrière la tête). Cela lui permet de bien voir les mouvements des lèvres, l'expression faciale et les gestes naturels.

  1. Évitez de parler dans un milieu bruyant.

  2. Il est inutile de crier (ceci distorsionne le message); parlez plutôt légèrement plus fort.

  3. Lorsqu'il ne semble pas comprendre ce que vous avez dit, formulez autrement votre phrase.

  4. Être plus expressif peut aider à la compréhension, toutefois il est inutile de «sur-articuler», ceci déforme les sons.

  5. Ayez toujours en tête que plusieurs éléments peuvent nuire à la lecture labiale: moustache, barbe, lunettes, mauvaise dentition, cigarette ou gomme dans la bouche,

  6. Autant que possible, évitez de dire à une tierce personne que la seconde est sourde. Il est préférable de laisser l'initiative au DEVENU SOURD ou au MALENTENDANT qui choisira le moment favorable.

  7. Ne vous interposez jamais dans la conversation d'un DEVENU SOURD ou d'un MALENTENDANT même s'il n'entend pas bien son interlocuteur.

  8. Évitez de parler à la place du DEVENU SOURD ou du MALENTENDANT en conversation avec une autre personne.

Réalisation: Marie-Andrée Mathieu
Marie Robert
Université de Montréal
(Orthophonie et Audiologie)

 

 

Quelques conseils
pour mieux communiquer

 

Pour la personne ayant un problème d'audition

  1. Dire à la personne à qui vous parlez que vous avez un problème d'audition. Elle pourra alors parler plus lentement, faire des phrases plus courtes, etc.
  2. Se rapprocher de la personne qui parle et se placer en face d'elle.
  3. S'assurer que le visage de la personne est bien éclairé.
  4. Éliminer le plus possible les bruits ambiants. (Fermez les fenêtre, la radio ou la télévision, par exemple)
  5. Regarder le visage et les lèvres de la personne qui parle.
  6. Regarder les mimiques et les expressions faciales de la personne.
  7. Faire répéter quand vous n'avez pas compris.
  8. Dire ce que vous avez compris, la personne complétera les informations manquantes.
  9. Demander le sujet de conversation.
  10. Dans un groupe, demander aux gens de parler un à la fois.
  11. Dans une réunion, parler à une personne à la fois dans un endroit calme de la maison.
  12. Avoir un calepin et un crayon avec soi et demander aux gens d'écrire ce qui n'a pas été compris.

 

 

Pour la personne entendante

  1. Attirer doucement l'attention de la personne avant de lui parler.
  2. S'approcher normalement, garder un prononciation normale et non exagérée.
  3. Ne pas crier, car plusieurs porteurs de prothèse ont des problèmes d'intolérance aux bruits forts.
  4. Éviter de cacher vos lèvres avec une cigarette, un crayon ou vos doigts, ne pas mâcher.
  5. Réduire au maximum le bruit ambiant. Au besoin, se trouver un endroit plus calme.
  6. Si la personne n'a pas compris, dire la même chose en d'autres mots.
  7. Prévenir la personne que l'on change de sujet ou qu'il y a interruption de la conversation à cause d'un événement soudain.
  8. Écrire si nécessaire, l'essentiel des informations à lui transmettre.
  9. Utiliser des gestes ou mimiques appropriés avec ce qu'on dit.
  10. S'assurer que la personne à bien compris notre message en lui posant la question de façon appropriée.
Source: Surdité: Les bonnes adresses (1994)
Réalisation : Anne-Josée Rochette et Mireille Tardif
Étudiantes en orthophonie-audiologie
à l'Université de Montréal


 

http://www.cad.ca/french/resources/pp_language.doc
 

LA LANGUE

 

La question:

Des douzaines de "langues" manuelles-gestuelles et de systèmes de signes sont en usage au Canada, en particulier dans les écoles pour les Sourds.

   

La position de l’ASC:

Les langues des signes des Sourds sont les seules véritables langues des signes et doivent obtenir le mêmes statut et le même respect que n'importe quelle autre langue légitime.

Le langage naturel des personnes sourdes est la langue des signes. Au Canada, il existe deux langues des signes légitimes: la langue des signes américaine (ASL) et la langue des signes québécoise (LSQ); il existe également un dialecte régional, la langue des signes des Maritimes (MSL). Le terme "langue de signe" se réfère seulement à ces dernières et aux véritables langues Sourdes d'autres pays (langue des signes britannique, langue des signes française, etc...)

Ces langues des signes ont été reconnues internationalement comme langues légitimes avec leur propre grammaire, syntaxe et vocabulaire. Aux États-Unis, l’ASL est la troisième langue la plus couramment utilisée après l’anglais et l’espagnol. Un certain nombre de provinces canadiennes ont formellement reconnu les signes comme langue des personnes Sourdes et comme langue de l'instruction dans les écoles pour les Sourds.

Plusieurs variantes de systèmes de signes (pseudo "langues" des signes) ont été conçues par des personnes entendantes, telles que Signed Exact English (anglais signé exactement), l'anglais signé, la parole avec des indices visuels, l'anglais codé manuellement, et d'autres. Ce sont des systèmes plutôt que des langues, parce qu'elles ont été artificiellement inventées au lieu de se développer naturellement. Elles déforment la véritable langue des signes afin de la faire se conformer à la grammaire et à la syntaxe d'une langue verbale (l’anglais ou le français). L'Association des Sourds du Canada considère de tels systèmes de signes comme une forme d'oppression culturelle.

La communication totale est une autre "invention" qui a été largement utilisée dans les écoles pour les Sourds. Ce n'est pas une langue; c'est une philosophie ou une théorie de l’apprentissage. Elle préconise l’utilisation de toutes les méthodes pour l'enseignement aux enfants qui sont sourds: la langue des signes, les systèmes de signes, la parole, la lecture labiale, les prothèses auditives, etc... Le principe derrière la communication totale est d’utiliser celle des méthodes qui répond le mieux aux besoins et aux capacités de l'enfant sourd. Dans la pratique cependant, la méthode réellement utilisée tend à être choisie pour satisfaire les besoins personnels des enseignants, qui sont guidés leurs propres préférences et qualifications. Puisque la plupart des enseignants dans les écoles pour les Sourdes entendent, ils tendent naturellement à préférer des méthodes basées sur la langue orale plutôt que les signes. Par conséquent, l'Association des Sourds du Canada considère la communication totale comme simplement une autre méthode orale, et ne l’appuie pas.

L'Association des Sourds du Canada promeut le concept d'employer toute méthode répondant le mieux aux besoins et aux capacités de l'enfant sourd. Nous croyons que la meilleure méthode pour les enfants sourds pré-linguaux et devenus sourds en bas âge est langue des signes, leur langage naturelle et celle qu'ils apprennent le plus facilement, confortablement et naturellement. Nous insistons sur le fait que des enseignants Sourds qualifiés doivent être embauchés pour enseigner la langue des signes, tout comme des Francophones qualifiés sont presque toujours embauchés pour enseigner la langue française dans les écoles régulières.

Les langues des signes des personnes Sourdes sont des langues véritables et doivent recevoir le même statut et le même respect que n'importe quelle autre langue.

 

 

approuvé le 17 juillet 2002

POUR DE PLUS AMPLES INFORMATIONS, CONTACTEZ:

L’Association des Sourds du Canada

203 - 251 rue Bank

K2P 1X3

(613)565-8882 ATS

(613)565-2882 Voix

(613)565-1207 Fax

www.cad.ca